La mixité, une force de notre école de Kung-Fu!
Lorsque l’on imagine une école d’arts martiaux, on pense encore parfois à un univers essentiellement masculin. Dans notre école de Kung-Fu, la réalité est tout autre.
Femmes et hommes pratiquent ensemble, dans une réelle mixité. C’est pour nous une grande force et une vraie fierté.
Cette parité ne doit rien à une politique de quotas. Elle s’est construite naturellement au fil des années. Mais aujourd’hui, nous y sommes attentifs et cherchons à la préserver, car elle dit beaucoup de l’ambiance de notre école, du cadre que nous posons et de notre pédagogie.
Un art martial pour toutes et tous
Le Kung-Fu ne repose pas uniquement sur la force physique.
Coordination, mobilité, vitesse, précision, relâchement, engagement, capacité d’adaptation, gestion de la distance, lecture du partenaire… Les qualités mobilisées sont multiples.
Chacun arrive donc avec son corps, son histoire, ses facilités et ses difficultés.
Notre objectif n’est pas de fabriquer des pratiquants identiques, mais d’aider chacun à progresser à partir de ce qu’il est.
C’est aussi pour cela que la diversité des personnes présentes dans la salle est précieuse.
Apprendre avec des partenaires différents
Dans notre démarche martiale, une part importante de l’apprentissage se fait avec l’autre.
On travaille les applications des mouvements, les attaques et défenses codifiées, les déplacements, les distances, puis progressivement des situations plus libres.
Changer régulièrement de partenaire est essentiel.
Travailler avec quelqu’un de plus grand, plus petit, plus rapide, plus puissant, plus souple, plus expérimenté ou simplement différent oblige à s’adapter. Une technique qui fonctionne avec une personne doit parfois être ajustée avec une autre.
La diversité des partenaires enrichit directement la pratique.
Et la mixité femmes-hommes participe pleinement à cette diversité.
Bienveillance et exigence
Cette mixité dit aussi quelque chose d’essentiel sur le cadre que nous voulons installer.
Nous sommes très attachés à deux notions qui pourraient sembler opposées mais qui, pour nous, sont indissociables : la bienveillance et l’exigence.
La bienveillance, ce n’est pas éviter la difficulté ou la confrontation. Et l’exigence, ce n’est pas rechercher la dureté pour la dureté.
Nous voulons permettre à chacun de s’engager réellement dans une pratique martiale, de sortir progressivement de sa zone de confort, d’accepter le contact, l’opposition et l’incertitude, mais dans un cadre où le partenaire reste toujours respecté.
C’est parce que le cadre est sécurisant que l’on peut être exigeant dans la pratique.
On peut essayer, se tromper, recommencer, se confronter à quelqu’un de différent et progressivement prendre confiance.
Quand la diversité enrichit aussi le collectif
Cette intuition dépasse d’ailleurs le cadre des arts martiaux.
Une étude publiée en 2010 dans la revue Science, menée par des chercheurs notamment issus de Carnegie Mellon et du MIT, s’est intéressée à ce qui rend certains groupes plus performants collectivement que d’autres.
Elle a mis en évidence un facteur d’« intelligence collective », associé notamment à une meilleure sensibilité sociale, à une parole davantage répartie entre les participants et, dans les groupes étudiés, à une proportion plus importante de femmes.
Il ne s’agit évidemment pas de dire que la présence de femmes rendrait mécaniquement un groupe « plus intelligent ». L’enseignement est plus intéressant : la qualité d’un collectif dépend aussi de sa diversité et de la qualité des interactions entre ses membres.
C’est exactement ce que nous observons dans une salle d’arts martiaux : nous apprenons aussi grâce à ceux et celles qui ne nous ressemblent pas.
Une école ouverte… aux portes fermées
Nous souhaitons donc préserver cette mixité et continuer à accueillir des profils très différents : femmes et hommes, débutants et pratiquants expérimentés, sportifs confirmés ou personnes qui reprennent une activité physique.
Mais accueillir largement ne signifie pas accepter n’importe quel comportement.
La sécurité physique et psychologique des pratiquants, le respect du partenaire, la maîtrise de soi et la bienveillance font partie du cadre. C’est ce cadre qui permet ensuite une pratique engagée, exigeante et réellement martiale.
Nous aimons résumer cette philosophie par une formule :
« On est une école ouverte aux portes fermées. »
Ouverte à toutes celles et ceux qui souhaitent découvrir, apprendre, travailler et progresser.
Mais avec des portes que nous savons fermer lorsque le comportement d’une personne menace le cadre, la sécurité ou le plaisir de pratiquer des autres.
Parce que c’est en protégeant ce cadre que chacun peut pratiquer en sécurité, prendre confiance et aller véritablement à la rencontre de l’autre.